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Tout devient hybride.

Dimanche 4 octobre 2009 | Billets | Aucun commentaire »

faut toujours porter attention au blog de F Pisani -  VOIR LE SITE - sur les nouvelles technologies. Je glane l’information suivante qui laisse à penser que le cartère hybride est une des données  contemporaine( voiture comme media !) :

« Le Media Technology Summit organisé par l’école de journalisme de l’Université de Californie-Berkeley dans les locaux de Google s’est révélé être une super conférence (liens utiles en fin de billet).Malgré la crise économique et les problèmes structurels des médias on assiste à un foisonnement de recherches, d’expérimentations et de réflexions qui permettent d’entrevoir un futur plus engageant qu’on ne pourrait croire.Il se situe sans doute sous le signe de l’hybridité, la meilleure réponse en temps de transition puisqu’elle permet de chercher dans plusieurs directions à la fois. Elle se manifeste au moins dans trois domaines: articles (stories), modèles d’affaires et production de nouvelles. » Liens sur les  supports de la conférence.

Google outil de culture et de formation ou tout simplement un super 12 ?

Mardi 21 juillet 2009 | Billets | Aucun commentaire »

Google effraye. Un article de N.Carr publié aux EU et qui a fait quelque bruit sur la toile, traduit sur un blog français, nous a incité à poursuivre la réflexion.. Google rend il idiot ? Voir cet article.

Le Management Institute of Paris en a fait le thème de son université d’été. Voir site de MIP.

La revue Books a publié un excellent et passionnant numéro d’été. Voir le site.. à commander !

Nous voudrions vous donner quelques éléments pour continuer cette réflexion démarrée avec le MIP. Un numéro de RDR publié par Formadi sortira prochainement en voici quelques extraits.

Idée 1 : Google c’est global

Dans la présentation qu’elle donne d’elle-même, la société américaine se flatte d’avoir « mis au point une nouvelle approche de la recherche en ligne » qui a été adoptée par « des internautes à la recherche d’informations des quatre coins du globe [...] Aujourd’hui, le moteur de recherche Google est largement reconnu comme le plus important au monde et se présente comme un service gratuit et facile à utiliser permettant d’obtenir des résultats pertinents en une fraction de seconde».

C’est exact quant à l’ampleur des résultats : Google permet d’accéder immédiatement à l’actualité mondiale dans tous les domaines (politique, culture, sport, bourse…), à des cartes de géographie qui couvrent le monde entier, aux plans des villes, à toutes sortes d’adresses, à d’innombrables références utiles aux hommes d’affaires, aux médecins, aux étudiants et lycéens. L’anglais est la langue dominante de communication mais, outre le français, l’espagnol, l’italien, on peut s’informer en russe, en chinois et dans maintes autres langues en se servant des dictionnaires adéquats.

« Va sur Google, et tu trouveras tout et n’importe quoi » : tel est le slogan qui vient à l’esprit lorsqu’on examine les possibilités offerte par ce moteur de recherches.

Idée 2 : Google est un moteur, pas un ami

Google se présente comme un moteur « rapide, précis et convivial ». La rapidité est certaine, la précision dépend du contexte mais la référence à la convivialité ressort de la communication d’entreprise. Chacun est seul devant son moteur de recherche, ou bien il est entouré d’amis qui ne sont pas des salariés de la société Google. Comme partout sur internet, il faut chercher selon ses propres critères culturels, selon ses propres désirs, sinon on sera noyé dans la masse des données. Google n’est pas un ami qui vous prend par la main dans une grande bibliothèque, ici virtuelle, ni l’hôtesse d’accueil d’un grand magasin. Il n’y a personne pour vous donner le mode d’emploi du monde virtuel, vous expliquer ses obscurités, vous avertir de ses pièges. Il n’y a pas de convivialité propre à Google : c’est un moyen fonctionnel, tout comme un appareil téléphonique.

Google, c’est de la technologique, admirable par ses performances, mais ce ne sera jamais rien d’autre que de la technologie.

Idée 3 : Google est un commerçant, pas un bienfaiteur de l’humanité

Google vend son espace publicitaire : c’est ce qui lui permet de proposer un service gratuit et de plus en plus efficace. Cette société américaine souligne que « les annonces Google sont toujours clairement séparées des résultats de recherche ou du contenu informatif des pages Web » et Google ne permet pas aux annonceurs de payer pour bénéficier d’un meilleur emplacement. Ce sont là des règles claires, dont chacun peut se féliciter. Mais elles ne font pas de Google un bienfaiteur du genre humain. Comme toutes les autres entreprises privées, Google a pour objectif de faire du profit et, autant que possible, de maximiser son profit. Dans le langage de la firme, cela s’appelle « dégager des revenus » ce qui est une façon plus cool, plus sympa de présenter les choses. Comme si une entreprise faite pour le profit devait avoir honte de l’argent qu’elle gagne et fait gagner à ses actionnaires en offrant sur le marché d’internet des prestations de grande qualité…

Dans la publicité qu’elle fait pour elle-même, l’entreprise Google sort de son domaine en affirmant qu’elle agit selon une éthique qui viendrait renforcer la convivialité fictive.

Internet une révolution dans l’information !

Jeudi 28 mai 2009 | Billets | Aucun commentaire »

Nous vous livrons une analyse sur un phénomène essentiel, vos réactions ?

« Le rôle que joue Internet dans la fabrication et la diffusion de l’information est incontestable mais il est difficile d’en donner l’exacte mesure par rapport aux deux thèses qui s’affrontent : l’une n’y voit qu’une extension banale de ce qui est imprimer sur le papier, l’autre une révolution radicale.
Le sociologue Patrick Champagne, qui est un des meilleurs spécialistes français de l’opinion publique (1), a publié sur le site Acrimed (2) une importante mise au point. Pour lui, Internet « transforme profondément l’économie générale de la communication » telle qu’elle fonctionnait depuis la diffusion massive des moyens de communication audiovisuels (radio et télévision) au cours des années soixante. Il est clair que ce bouleversement n’est pas seulement d’ordre technique : les capacités de diffusion de l’information se sont considérablement accrues, de même que la rapidité des transmissions mais, surtout, « les moyens de communication exercent des effets sur ce qui est communiqué ». L’écriture a donné au message son autonomie et permit d’étudier le langage en tant que tel, l’imprimerie permet aux clercs de se constituer des bibliothèques de textes immédiatement disponibles et assure une diffusion impressionnante de quelques livres fondamentaux (la Bible).
Internet favorise l’autonomisation des messages, la diffusion d’une énorme quantité d’informations et l’accès direct à d’innombrables renseignements grâce aux moteurs de recherche. Ces réalités sont souvent interprétées négativement par les patrons de la presse écrite et les directeurs de la télévision qui présentent Internet comme un vecteur incontrôlable de diffusion des rumeurs et comme un gigantesque chaos informatif.
La critique est d’autant plus virulente que les dirigeants des médias traditionnels se sentent menacés par cette information proliférante qui est en train de bouleverser les rapports de force au sein de ce qu’il est convenu d’appeler le « quatrième pouvoir ». Cette résistance au changement est tout aussi classique que le discours qui consiste à annoncer une révolution inouïe à chaque transformation de ce que Régis Debray appelle la « médiasphère ». Par exemple, le caméscope devait permettre la libération de l’information en images et Internet fut présenté à ses débuts comme le lieu d’un dialogue démocratique planétaire venant bouleverser de fond en comble le champ politique. Or le caméscope et autres caméras numériques servent à capter des images de voyages et de réunions de famille et les fameux dialogues sur la Toile sont d’une grande pauvreté – hors des collectivités (politiques, religieuses, universitaires…) qui étaient préalablement constituées.

Sans glorifier ni dénigrer la Toile, Patrick Champagne fait trois remarques préalables à son analyse :
« D’abord, Internet ne remplace pas la presse écrite et audiovisuelle, mais, en s’ajoutant à elle, exerce des effets de restructuration du champ de production de l’information. On peut d’autant moins évacuer les médias préexistants que non seulement ceux-ci ouvrent des sites sur le net mais que la publicité pour certains sites passe par la presse écrite ou audiovisuelle existantes ». « Ensuite, la puissance de ce moyen de communication dépend du nombre de ceux qui y ont accès. La télévision est devenue puissante progressivement, à mesure que les récepteurs équipaient les ménages. Il en va de même avec Internet. On estime, en 2008, à 60% le nombre de gens qui, professionnellement ou en privé peuvent se connecter à internet ».Enfin,  les usages d’Internet sont « socialement différenciés » : «  les moyens matériels, le temps disponible et les dispositions sociales sont diversement et inégalement distribuées et que la technologie, de surcroît, tend à creuser l’écart entre les plus aptes à s’en servir et ceux qui maîtrisent mal l’instrument. La « fracture numérique » – c’est-à-dire l’écart croissant entre les milieux sociaux sous ce rapport – n’est pas résorbée par la progression du taux d’équipement ».

Cela précisé, Internet se trouve dans une situation évolutive qui se caractérise par :

1/ La faiblesse des coûts, qu’il s’agisse du prix de l’abonnement pour les particuliers ou du coût la diffusion des publications en ligne – alors que le coût du papier et de l’imprimerie représente 40% de la presse sur papier. La presse en ligne est également libérée des charges de routage et de mise en place dans les kiosques. C’est souvent une presse militante qui repose en totalité ou en partie sur le bénévolat.

2/  L’abondance de l’information : « Internet est devenu une mémoire et une archive sans équivalant qui, de plus, est accessible très rapidement grâce aux moteurs de recherche. Ce média permet tous les formats (écrits, sons, vidéo) … mais aussi de recollection des textes et des émissions de radio ou de télévision (archivage provisoire et gratuitement accessible des émissions, postcast) ».

3/ Le bouleversement des logiques de production de l’information : de nouveaux médias, indépendants de toutes les puissances financières, se sont constitués sur Internet et concurrencent directement la presse écrite et audiovisuelle. Dès lors, « Les journalistes professionnels, par conséquent, tendent à perdre leur monopole de diffusion, c’est-à-dire le privilège de décider de ce qui doit être publié et mis en débat dans l’espace public. Mais ils perdent aussi leur pouvoir de censure, souvent beaucoup plus efficace que la censure qui s’exerce sur eux. En effet, les médias peuvent faire savoir qu’on les a censurés (ce qui revient à faire de la publicité sur ce qui a été censuré, ce dont ils ne se privent pas) alors que la censure qu’ils exercent (notamment en ce qui concerne les rectificatifs et les droits de réponse) est invisible. Désormais, il est possible de faire savoir sur le net ce que les journaux ont censuré (ou, à tort ou à raison, refusé de publier) ».
4/ La réactivité : « Un journal en ligne n’est pas la version papier en PDF car le caractère immatériel du journal appelle une permanente mise à jour, une réactivité constante. Les journalistes sont constamment devant leur écran à traiter les informations, à consulter les sites, etc. Le circuit de production n’est plus celui de la presse écrite (univers centralisé autour du rédacteur en chef qui décide de ce qui doit être publié, sous quelle forme, avec quel titre et à quelle place) : c’est un univers décentralisé, avec un espace sans limite (à la différence de la presse papier), chaque journaliste fonctionnant de manière autonome (parce qu’il faut faire vite et qu’on ne peut attendre une conférence de rédaction). Certains journalistes ont même créé leur blog qui tend à devenir un véritable petit journal ayant les avantages du net : immédiateté, liberté dans le choix des sujets, liberté de ton. »
Patrick Champagne conclut son analyse en montrant que la Toile n’est pas et ne sera pas le paradis de l’information démocratique : les puissances médiatico-financières y investiront de plus en plus, l’indépendance de l’information n’est pas la garantie de sa qualité et les logiques de rentabilité, sur les grands sites comme sur les petits, risquent de l’emporter. »

Références :
Patrick Champagne : Faire l’Opinion, Les Editions de Minuit, 1990.
acrimed | action critique médias

+33(0)473.640.203

 

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